Découvrir colette
Colette : une vie de liberté, une œuvre de sensualité
Rien ne semblait prédestiner Gabrielle Colette à connaître un destin hors du commun. Née dans une famille de la bourgeoisie moyenne à Saint-Sauveur-en-Puisaye, dans l’Yonne, le 28 janvier 1873, elle est une brillante élève, mais ne montre aucune inclination pour l’écriture. Le premier grand drame de sa vie survient alors qu’elle a 18 ans : sa famille sombre dans la ruine et doit tout quitter pour s’installer à Châtillon-Coligny, dans le Loiret. Elle se sent dépaysée, déracinée, sans perspectives affectives ou sociales. « Je n’avais pas le choix, ou rester vieille fille ou devenir institutrice ».
L’ombre de Willy et la naissance de Claudine
Le 15 mai 1893, Colette épouse Willy, un journaliste parisien très en vue. Très vite, il l’associe à ses travaux d’écriture, comme simple copiste, puis secrétaire. Jusqu’à ce jour de 1895 où il lui suggère de « jeter sur le papier des souvenirs de l’école primaire ». Colette, qui n’a jamais songé à écrire, s’exécute avec application et indifférence. Cela donne naissance à Claudine à l’école, roman signé Willy dont le succès décide de l’avenir de Colette. En écrivant sous la contrainte, elle aborde un tournant fondamental.
La conquête de l’indépendance par la scène
En 1906, elle quitte le domicile conjugal. Sa renommée littéraire est à peu près inexistante, elle ne possède rien et doit gagner sa vie. Elle se tourne vers le music-hall et devient mime, comédienne et danseuse. Par une singulière ironie, cette écriture, qui était née sous la contrainte, va devenir l’instrument de sa libération. Entre deux répétitions, sur la tablette à maquillage d’une loge, elle écrit. C’est ainsi que va naître La Vagabonde en 1910. Avec ce roman, elle invente la femme libre.
La consécration d’un écrivain total
Les années 1940 marquent son apothéose. Elle abandonne définitivement la fiction pour observer la fin de sa vie : la vieillesse, la maladie, l’impotence. Une canne, deux cannes, puis un fauteuil roulant et pour finir, le lit-radeau de son appartement du Palais-Royal. C’est l’heure des grands renoncements. Colette dit adieu à tout, sauf à l’écriture. C’est en écrivant son dernier livre, Le Fanal bleu, qu’elle comprend enfin qu’« écrire ne conduit qu’à écrire ».
Une œuvre comme une conquête
De la légèreté des Claudine jusqu’à ses testaments littéraires, Colette a construit avec rigueur et patience une œuvre considérable. Romans, pièces de théâtre, articles de presse, scénarios… « une vaste forêt ». Une œuvre inclassable qui a triomphé de tous les obstacles et qui a vu son auteur s’affirmer, se métamorphoser d’étape en étape. Tout ce qu’elle a obtenu, consécration, gloire, honneurs, elle ne l’a arraché qu’au prix d’un travail acharné.
Devenir Colette
Sa vie a pris l’allure d’un combat personnel pour s’affranchir de toutes les entraves familiales, conjugales et sociales. Elle a su vaincre les préjugés et s’affirmer à la force de la plume. Une suite de conquêtes… Tel aura été le prix à payer pour devenir Colette.
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Visiter le Musée Colette, c’est entrer dans l’intimité de cette femme qui a su transformer son quotidien en une poésie universelle et faire de sa vie une œuvre à part entière.